Les Églises Chrétiennes de Dieu
[019]
L'Âge de Christ à son Baptême et la Durée de son Ministère [019]
(Édition2.0 199200101-20000923)
L'année de la naissance de Christ a été une source
de préoccupation. Elle semble avoir été délibérément cachée. C'est probablement
afin que nous ne puissions pas vérifier avec une certitude absolue l'année
exacte pour éviter la célébration du rituel païen associé à sa naissance. Il y
a, cependant, un certain nombre de faits importants qui sont liés à sa
naissance et au temps de son baptême.
Courriel: secretary@ccg.org
(Copyright ã 1992, 2000 Wade Cox)
Tr. 2003
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L'Âge
de Christ à son Baptême et la Durée de son Ministère [019]
Certains ecclésiastiques ont déclaré emphatiquement
que le passage à Luc 3:23 indique que Christ avait exactement trente ans à son
baptême. La Louis Segond a traduit le passage ainsi :
"Jésus avait environ
trente ans lorsqu'il commença son ministère."
La Moffatt traduit le passage par :
"Au plus Jésus avait environ trente ans."
Ce sont des traductions de deux termes grecs. Le
premier, duquel le mot a commencé est dérivé est le mot DP`:,<@H (de archomai). Il signifie au milieu
de ou commencer ou commencer dans l'ordre du temps. La racine
principale du mot est archo qui signifie être le premier dans le rang
politique ou le pouvoir, dans le sens de régner sur comme une partie
du sous-ensemble.
Le deuxième terme est ¦Jä< JD4V6@<J" (ètõn triákonta) ou des années trente, la décennie de trente. De là, la signification
correcte est que Christ avait commencé la trentaine ou, autrement dit, Christ
était dans la trentaine, comme nous dirions.
Cette expression a une élasticité que certains ne
lui accordent pas et, de là, suite à leur propre inflexibilité, ils
introduisent une contradiction dans les Écritures là où il ne devrait pas y en
avoir.
Un exemple de contradiction inutile est trouvé dans
cette restriction à trente ans et l'exigence d'être né pendant le règne
d'Hérode le Grand, c'est-à-dire avant la Pâque de 4 BCE (avant l'ère actuelle)
et pendant le Recensement de taxation du monde entier ordonné par Auguste et
exécuté, selon Luc 2:3, quand Quirinius était le Gouverneur de la Syrie.
Sulpicius Quirinius a été élu Consul de Rome en 12 BCE, mais il n'a pas été
nommé Légat de la Syrie avant 6 CE. Il est mort à Rome en 21 CE.
Les mots exacts traduits Gouverneur de la Syrie
veulent dire quand Quirinius "avait l'autorité suprême". Schurer
soutient que c'est la même chose que la fonction de Gouverneur (History of the Jewish People in the Age of
Jesus Christ (Histoire des Juifs à l'époque de Jésus Christ), Vol. 1, p. 424).
Une présumée évidence archéologique récente serait
que Quirinius a fait un recensement en 12 BCE, l'année qu'il a été nommé Consul
et qu'on lui a donné une responsabilité sur les affaires orientales. Il a, en
fait, mené une expédition contre des montagnards rebelles (les Homonadeis ou Homonadenses) en Alecia et
il a reçu un hommage à Rome pour ses succès. Les Homonadenses étaient une bande
de brigands ciliciens qui vivaient à la frontière méridionale de la Galatie,
mentionnée par Strabo. Il a passé 14 ans à les subjuguer, entre 12 BCE et 2 CE.
À cause de son expertise, il a accompagné Gaius César à l'est à titre
d'éducateur en 2 CE.
En fait, Quirinius a lui-même fait un recensement
complet en 6/7CE, mais c'est tout à fait impossible que ce recensement ait été
celui fait à la naissance de Christ (ibid., p. 423).
Le poste de Gouverneur de la Syrie a été occupé de
10/9 BCE à environ 7/6 BCE par Sentius Saturninus et de 7/6 BCE à 4 BCE par
Quinctilius Varus. Ce dernier a supprimé la révolte en Palestine qui a éclaté
après la mort d'Hérode. Certains suggèrent que L. Calpurnius Piso a été Légat
de 4 à 1 BCE après quoi Gaius César est devenu le Consulaire Souverain,
probablement avec un Gouverneur normal en Syrie.
Schurer spécule que le prédécesseur probable de
Sentius Saturninus était Titius et conclut aussi, d'après la législation de
Taxation d'Hérode le Grand, de Philippe et d'Agrippa (et Agrippa II) que "les
taxes romaines ne pourraient pas vraisemblablement avoir été prélevées en
Palestine pendant le règne d'Hérode et, en conséquence, aucun recensement
romain n'a été fait non plus" (ibid. p.430).
Schurer rejette aussi toute construction
grammaticale que le recensement était le premier recensement avant que
Quirinius ne soit le Gouverneur de la Syrie (ibid., p. 42l). De plus, le style
et le raffinement des écrits de Luc excluent la possibilité de revendiquer
l'utilisation grammaticale.
Schurer suppose que Quirinius était probablement
Légat de Galatie - Pamphylie pendant la guerre contre les Homonadenses (de Strabo XII 6,5 (567) 9 Tat. Ann. III, 48), il dit en 4-3 BCE
(ibid., p. 259). Cependant, il n'y a aucune raison d'exclure les périodes
précédentes, à partir de 12 BCE. En effet, il est tout à fait possible qu'à
partir de 12 BCE ou en 8 BCE, Quirinius a exercé le plein pouvoir au nord de la
Syrie ou un pouvoir provisoire en Syrie après Sentius Saturninus. Selon T P
Wiseman, le dernier recensement complet des citoyens, pris avant que Quirinius
devienne Légat de la Syrie en 6 CE, a été en 8 BCE, pendant que Quirinius était
le Commandant Militaire et Légat de la Galatie-Pamphylie, tel que supposé, et
que les rebelles étaient dans le secteur sud de la Galatie.
En 4 CE, Auguste a fait un recensement partiel et
le recensement de 6 CE s'est étendu pour inclure les provinces pour l'impôt
d'héritage de cinq pour cent (Vicesima hereditatis).
La difficulté évidente avec l'argument en faveur du
recensement du 6 CE est le temps qu'il était le Gouverneur de la Syrie. C'est
environ 10 ans après la mort d'Hérode et, par conséquent, impossible.
Luc déclare que c'était le recensement où
"tout le monde devrait être inscrit". Josephus cependant limite le
recensement à la Palestine (Antiq. XVII, XIII, 5; XVIII, IIL).
Un recensement en 12 BCE ou 8 BCE sur l'ordre
d'Auguste est une affaire beaucoup plus grande qu'un recensement palestinien et
il est évident que Josephus essaye de limiter le recensement au 6 CE quand
Quirinius était Légat de la Syrie.
Actes 5:37 mentionne les jours de la taxation en conjonction
avec le soulèvement de Judas de la Galilée. Ce soulèvement de Judas est survenu
après le soulèvement de Theudas et ses 400 disciples (le verset 26).
Schurer date le soulèvement de Judas de la Galilée
à 6 CE. Les historiens attribuent les déclarations de Gamaliel comme une
composition de Chrétiens attribuée à Gamaliel et identifient le Theudas d'Actes
à Theudas, le pseudo prophète, pendant le règne du premier Procureur envoyé en
Palestine par Claudius, c'est à dire Cuspius Fadus 44-46 ? CE.
Schurer écarte la possibilité d'un Theudas
antérieur à 6 CE (ibid. Vol. 1, p. 456-457, note 6) et considère l'autorité
d'Actes peu érudite. Il considère assurément la taxation mentionnée dans les
Actes comme cette taxation ou recensement de Quirinius à sa nomination comme
Légat de la Syrie en 6 CE. Il vaut la peine de noter que les fils de Judas le
Galiléen, Jacques et Simon, ont été crucifiés par ordre de Tibère Julius
Alexandre (46 - 48 ?CE), le successeur
de Fadus.
Il est tout à fait possible qu'Actes se réfère à la
taxation de 6 CE et que ce n'est pas la même taxation à laquelle Luc se réfère
à la naissance de Jésus.
Une harmonie complète émerge cependant, si la date du premier recensement général ordonné par Auguste et exécuté à l'est par Quirinius est 12 BCE ou même 8 BCE. Christ a alors 39 ou 35 ans à son baptême; toujours dans la trentaine. Il y a ainsi huit ou quatre ans entre sa naissance et la mort d'Hérode. Cela accorde suffisamment de temps pour les recherches, la fuite en Égypte, les frustrations et les problèmes de la famille d'Hérode, les querelles de succession et les autres préoccupations qui ont conduit à la tuerie de la noblesse judéenne en 5/4 BCE et ne présente aucune difficulté avec l'harmonie des trois références bibliques. Assez curieusement, les préoccupations de la famille d'Hérode et de succession et le mensonge et la trahison de sa descendance ont commencé vers 12 BCE, que les historiens considèrent comme le début de la troisième et dernière phase de son règne.
La version de Tertullien jette un peu de lumière sur la question bien qu'il se contredise.
Dans sa traîtrise Contre Marcion, Tertullien
dit (Adv. Marc. IV, 19, 10 ANF III, p. 378) que la preuve historique était
que Christ est né quand un recensement a été fait en Judée par Sentius
Saturninus. Luc (ch. 2) dit que l'agent en Judée était (Sulpicius) Quirinius.
Tertullien mentionne Saturninus de nouveau dans De Pallio 1. Cette
déclaration de Tertullien est comparée à celles de Sanclemente et d'autres qui
ont supposé que Saturninus était le gouverneur de la Judée au moment de la
naissance de Christ et qu'ils ont daté à 747 A.U.C. (Soi-disant l'année de la
fondation de Rome par Romulus). Tertullien est incohérent et, dans Adv. Jud.
VIII, il donne prétendument 751 A.U.C comme l'année de la naissance de
Christ. Ce qu'il dit vraiment, c'est que Christ est né la quarante et unième
année de l'Empire d'Auguste, quand il régnait déjà depuis xx et viii (28) ans
après la mort de Cléopâtre (51-30 BCE). Selon le texte de Tertullien, Auguste
aurait survécu xv (15) années après la naissance de Christ. (Il en fait
inexactement la somme à 437 ans et 6 mois après Darius).
César a été tué en mars 44 BCE et Octavien est
retourné à Rome pour lui succéder en 42 BCE. Donc, 56 ans de 43/2 BCE nous
amènent à 14 CE, l'année de sa mort.
Auguste aurait gouverné 44 ans et serait mort en 14
CE. Cependant, cela compte du renversement de Marc Antoine et Cléopâtre.
Tertullien dit qu'il a gouverné 56 ans. En conséquence, d'après ce calcul,
Christ serait né la 41ème année de son règne et 28 ans après la mort
de Cléopâtre, c'est-à-dire en 2/1 BCE, plus de deux ans après la mort d'Hérode,
ce qui est bibliquement impossible. Son compte rendu dans Adv. Marcion
place la naissance de Christ en 6/5 BCE. De la sorte, il aurait fallu que ce
soit à la fin même des fonctions de gouverneur de Saturninus, même si nous
faisons des suppositions quant à l'extension des dates en question jusqu'en
septembre 7/6 BCE. Quirinius, qui, à ce moment-là, était à la frontière de la
Syrie et de la Galatie dans sa guerre contre les brigands Homonadenses
ciliciens, doit donc avoir été envoyé par Saturninus en Judée pour ce
recensement en 6 BCE, d'après les comptes rendus de Tertullien et de Luc dans
les autres textes anciens, et Christ serait né l'année suivante en 5 BCE.
Sentius Saturninus a été le gouverneur de la Syrie
de 744 à 748 (voir ANF, ibid. n. 3) ou 10/9 à 7/6 BCE. Aug. W. Zumpt
s'est donné beaucoup de mal pour prouver que Publius Sulpicius Quirinius était,
en effet, le gouverneur de la Syrie au moment de la naissance de Christ. Le
susdit scénario est donc le plus probable.
Josephus nomme Volumnius avec Saturninus (consul en
19 BCE) (Jos. Ant. xvi, 9, 1 (280)). Cependant, dans Guerres des
Juifs (I, 27, 1), il appelle Volumnius tou stratopedarchen et, dans
I 27, 2, il l'appelle epitropos. De ce fait, Schurer soutient (Vol. 1.
p. 257) que Volumnius était un subalterne équestre de Saturninus et un fondé de
pouvoir de la province. Saturninus est aussi mentionné par Josephus dans Ant.
xvi, 10, 8, (344); ii, 3 (368); xvii, 1, 1 (6); 2, 1, (24); 3, 2, (57).
Saturninus a vraisemblablement utilisé Quirinius en lui donnant le même type de
légat en ce qui concerne le recensement en Judée à l'époque. Schurer n'explore
pas cette vue ni l'explication vraisemblablement plus évidente. Les records les
mentionnent tous les deux, comme nous le voyons aussi avec Volumnius et
Saturninus ci-dessus.
La mort d'Hérode joue un rôle important dans
l'établissement de la dernière date possible pour la naissance de Christ, car
nous savons, selon Matthieu 2:12, que les hommes sages (mages) ont terminé leur
visite en retournant dans leur pays par un itinéraire différent, pour éviter de
retourner vers Hérode. Le Seigneur a averti Joseph dans un songe de partir en
Égypte.
"Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère, fuis en Égypte, et
restes-y jusqu'à ce que je te parle; car Hérode cherchera le petit enfant pour
le faire périr ". 14Joseph
se leva, prit de nuit le petit enfant et sa mère, et se retira en Égypte. 15Il y resta jusqu'à la mort d'Hérode,
afin que s'accomplît ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète: J'ai
appelé mon fils hors d'Égypte. 16Alors Hérode, voyant qu'il avait
été joué par les mages, se mit dans une grande colère, et il envoya tuer tous
les enfants de deux ans et au-dessous qui étaient à Bethléhem et dans tout son
territoire, selon la date dont il s'était soigneusement enquis auprès des
mages. (Matthieu 2 :13-16) (LSG)
La période de la visite des hommes sages et de la
naissance probable de Christ était donc jusqu'à deux ans avant le carnage à
Bethléem. Cet aspect peut être reflété par Josephus dans son compte rendu de
l'exécution des hommes principaux de Juda par Hérode dans la période avant sa
mort.
Certainement, cela arrive plusieurs mois et,
probablement, jusqu'à deux ans avant la mort d'Hérode, de sorte que Christ est
probablement né dans les deux ans qui ont précédé l'action à Bethléem, soit bien
avant la mort d'Hérode.
En incluant la fuite en Égypte, la période
impliquée ne pourrait pas avoir été moins qu'un an. Les historiens attribuent
la mort d'Hérode à la période du 1-14 Nisan de 4 BCE (entre le 28 mars et le 10
avril) pour les raisons suivantes :
1. Les deux successeurs d'Hérode ont été Archelaus et Antipas.
Archelaus, d'après ‘Dio IV 27.6, a été déposé par
Auguste en 6 après J.-C. dans la dixième année de son règne (aussi Antiq. des Juifs
XVII 13,2 (342) de Vita 1 (5)), corrigeant la déclaration précédente de B.J :
iil.3 (iii) dans la neuvième. (C'était pendant qu'Aemilius Lepidus et L.
Arvuntius étaient consuls). Il a donc
commencé son règne en 4 BCE.
Antipas a été déposé par Caligula l'été de 39 CE.
Comme il y a des pièces de monnaie datant de la 43ème année de son
règne, son règne a de ce fait commencé en 4 BCE.
2. D'après la comptabilité de
Josephus des périodes de temps, comme le Mishnah le suggère, de Nisan à Nisan
pour les années de règne et des parties d'année, c'est à dire, une partie avant
Nisan est comptée comme une année entière; Schurer situe donc la mort d'Hérode
entre 1 et 14 Nisan 4 BCE.
Peu de temps avant la mort d'Hérode, il y a eu une
éclipse de la lune. L'éclipse est mentionnée par Josephus (dans A. des J.,
Livre xvii, ch. vi:4). Deux éclipses ont été calculées pendant cette période,
une en 5 BCE et une en 4 BCE. L'éclipse en 4 BCE a été le 13 mars, ce qui
s'accorde avec le record de Josephus. Josephus enregistre que le Souverain
Sacrificateur Matthias a été remplacé par Joseph, le fils d'Ellemus (en raison
d'une impureté rituelle suite à un songe). C'était à l'occasion d'un jeûne des
Juifs. Le jeûne d'Esther est tombé le 13 mars en 4 BCE et cela coïncide avec l'enregistrement
de l'éclipse. Hérode est mort peu de temps après cette éclipse et avant la
Pâque de 4 BCE. Il n'y a aucun record d'une éclipse en 3 BCE ou en 2 BCE et
seulement deux autres éclipses de la lune ont été visibles à Jérusalem, soit
celles du 15 septembre 5 BCE, et celle du 9 janvier 1 BCE. La traduction de
Marcus de Josephus a plus de notes sur cette section que la traduction de
Whiston et elle est plus utile. Schurer en parle en détail dans son History (Histoire) (Vol., 1, pp. 326-328).
Si on tient compte de la période de deux ans des
mages à Matthieu 2, Christ ne pourrait pas de ce fait être né plus tard que la
Pâque de 6 BCE. Quand Joseph est revenu de l'Égypte, Archelaus régnait en
Judée. Le retour de l'Égypte aurait donc été durant la première année du règne
d'Archelaus, c'est-à-dire en 4 BCE.
Selon Luc, nous savons que, conformément à la loi,
Mariam, appelée faussement Marie, est allée avec Joseph à Jérusalem après sa
purification pour présenter l'enfant au Seigneur et offrir le sacrifice usuel
(Luc 2:22-24). Cela a précédé la fuite en Égypte. Luc ne mentionne pas la fuite
en Égypte ; il déclare simplement qu'ils sont retournés à Nazareth. La
période de purification pour un enfant mâle est de 40 (+1) jours (8 jusqu'à la
circoncision et ensuite trente-trois jours) (Lév.12:1-4) (voir l'étude La Purification
et la Circoncision [251]). Christ ne pourrait donc pas être
né plus tard que le 4 février BCE, même si Joseph était parti pour l'Égypte le
jour de la mort d'Hérode. Ce qu'il n'a clairement pas fait puisqu'il n'y avait
aucune perspective de sa mort quand ils sont partis. Joseph a vécu en Égypte
jusqu'à ce qu'un Ange du Seigneur lui apparaisse après la mort d'Hérode.
Clairement, Christ ne pourrait pas possiblement être né en 4 BCE et, d'après la
date de la taxation et la période entre l'arrivée des mages et le carnage à
Bethléem, deux ans ont été impliqués. Cette période, ajoutée à la fuite en
l'Égypte avant la mort d'Hérode, indique qu'il est peu probable que Christ est
né après la Pâque de 6 BCE. Les années de recensement sont donc les seuls
autres indices principaux.
À cause de la mort d'Hérode avant la Pâque de 4 BCE, Christ ne pouvait pas avoir eu moins de 31 ans et, à la vue de l'autre information biblique, il est probable qu'il avait au moins 35 ou 39 ans. Il aurait fallu qu'il soit né en 6 CE pour qu'il ait moins de 31 ans et pour que la traduction signifie la troisième décennie, c'est-à-dire dans la vingtaine, mais c'est impossible étant donné que cela contredit un Évangile et l'exigence d'avoir 25 ans pour entrer au service du temple et d'avoir trente ans pour enseigner.
La première date probable est 8 BCE, soit au
dernier recensement général avant la mort d'Hérode ; cela signifie que Christ
aurait eu 35 ans au début de l'année 27/8 CE.
Cependant, il est possible que Quirinius ait
ordonné un recensement complet en 12 BCE pour établir le contrôle de la
Galatie, la Cappadocie et la Syrie dans la guerre contre les Brigands, car les
voleurs avaient aussi opéré plus tôt de Trachonitis, quand Auguste l'a accordé
à Hérode en 24/23 BCE. Il peut bien avoir exercé le commandement militaire
total du secteur jusqu'à ce que M. Titius devienne légat de la Syrie.
Il aurait aussi pu l'avoir fait à titre de
commandant militaire sous le légat Saturninus et avant Varius en 8/7 ou 7/6
BCE, comme faisant partie du recensement général ordonné par Auguste.
Les historiens Gerlach, Quandt et Hahn expliquent les
affirmations de Zumpt avec la vue que Quirinius a été envoyée en Syrie avec
Quinctilius Varus (6-4 BCE) en tant que légat extraordinaire et qu'il a
entrepris le recensement comme tel (voir aussi Schurer, vol. 1, p. 424). Ainsi,
selon cette vue, il est arrivé en 6 BCE au moment du remplacement de Saturninus
par Varus.
Sanclemente a présenté une telle vue en disant que
Quirinius a été envoyé en Syrie comme légat spécial ayant une autorité plus
haute que le légat syrien du temps, à savoir Saturninus.
Schurer suppose (ibid.) que les paroles de Luc, à
savoir qu'il avait le commandement suprême signifie précisément quand
il était le gouverneur de la Syrie. Cependant, il peut en fait avoir eu le
commandement suprême des forces en Asie Mineure pour la guerre contre les
Homonadenses et avoir eu le commandement militaire sur la Galatie et la Syrie.
Cette explication permet à tous les comptes rendus d'être en harmonie. Les avis
de tous les historiens sont qu'il avait ce commandement en 6 BCE, à la fin du
gouvernement de Saturninus et avant ou au début du gouvernement de Varus. Il
est ainsi débattu que le recensement a été ordonné dans la dernière moitié de 6
BCE et que sa mise en œuvre a nécessité une bonne partie de 5 BCE.
En 23 BCE, Auguste a envoyé M. Agrippa, son ami
intime et conseiller, en Syrie et, en 21 BCE, son gendre. Son titre était celui
de Député de César au-delà de la Mer Ionienne (Josephus, A. des J. XV 10.2) et
il a eu des pouvoirs plus grands qu'un Légat ordinaire. Il n'est cependant pas
allé sur l'Île de Lesbos à Mytilène de 23-21 BCE. Il est retourné à Rome où il
a été occupé à l'Ouest pendant quatre ans. En 16 BCE, il est retourné à l'Est
où il est resté jusqu'en 13 BCE et il a exercé son pouvoir officiel à travers
des Légats. En réalité, la personne qui a exercé le pouvoir à l'Est et,
particulièrement en Syrie, est inconnue, mais, étant donné le commandement
militaire de Quirinius et sa nomination comme Consul en 12 BCE, il est plus
probable qu'il aurait exercé le commandement militaire jusqu'à ce que M. Titius
assume le contrôle de la Syrie. Or nous savons qu'il avait fait ainsi avant 10
BCE puisque Josephus le mentionne comme Gouverneur au moment de la querelle
d'Hérode avec ses fils. Cela et les disputes de succession postérieures de la famille
d'Hérode peuvent bien avoir été provoqués par la naissance de Christ ou même sa
naissance prévue selon la prophétie, car il y a abondance d'évidence parmi les
communautés religieuses de l'attente du Messie d'Aaron.
La naissance de Christ aussi tôt que 12 BCE
s'accorderait toujours parfaitement avec tous les records connus et les
Évangiles mais une possibilité des activités en 8 BCE ne peut pas être rejetée.
On sait qu'aucun recensement n'a été ordonné en 6
BCE ou 5 BCE. L'information de Luc est assez précise. Le recensement peut
bien avoir été en accord avec les exigences d'Auguste, particulièrement en vue
des problèmes en Galatie/Pamphylie, en Syrie et en Judée. Toute tentative
d'affirmer dogmatiquement que Christ avait 30 ans à son baptême produit des
conflits inutiles dans les Évangiles et la Bible, en général.
Pour déterminer quand Christ a été baptisé et, de
là, quand il a commencé son ministère et quelle est la signification du temps
du ministère, nous devons commencer avec le ministère de Jean le Baptiste.
Nous savons, selon Luc 3:1, que Jean ‘a commencé à
prêcher durant quinzième année du règne de Tibère’, ce qui ne peut pas avoir
été plus tôt qu'en octobre de l'année 27 CE, si le Calendrier Civil utilisé à
l'Est était en utilisation. Tibère a commencé à régner le 17 septembre 14 CE et
on obtient l'année 27 CE seulement si le mois de septembre est compté comme la
première année et la deuxième année commence en octobre 14 CE. La 15ème année
commence alors en octobre 27 CE. L'appel de Jean au repentir a probablement
commencé aux Expiations, cette année-là, et continué jusqu'à la Pâque de 28 CE,
quand il a été arrêté. Nous savons que Christ a été baptisé quelque temps après
octobre de 27 CE et avant la Pâque de 28 CE.
Le baptême de Christ a précédé le commencement
officiel de son ministère et un certain nombre d'activités ont eu lieu après
son baptême et avant le début de son ministère, à l'emprisonnement de Jean le
Baptiste.
D'après Luc 3:21, nous savons que Christ n'a pas
été parmi les premiers à être baptisés par Jean, mais qu'il a plutôt été
baptisé après la majorité ; son baptême était donc bien après octobre 27
CE, probablement en 28 CE.
La séquence de temps après son baptême inclut un
jeûne de 40 jours et 40 nuits. Il est ensuite retourné vers Jean le Baptiste et
il a recruté ses disciples pendant 3 jours (Jean 1:35-45). Le troisième jour,
il a exécuté le miracle de l'eau changée en vin au mariage à Cana (Jean 2:1).
Il est ensuite allé à Capharnaüm où il n'est demeuré "que peu de temps"
(Jean 2:12). Puis la Pâque était proche.
La période entre le baptême de Christ et la Pâque
de 28 CE a donc couvert 44 jours plus ‘quelques jours (disons 6). La période ne
pourrait pas avoir excédé cinquante jours. Étant donné la période fixe de 50 jours
de la Pâque à la Pentecôte, à la fin de son ministère, la période le précédant
était probablement 50 jours aussi. Elle n'aurait certainement pas été beaucoup
plus longue et pourrait avoir été moindre. Son baptême, par conséquent, a
probablement eu lieu en février 28 CE. Son âge à son baptême était donc le
minimum absolu de 31 ans et il était vraisemblablement plus vieux.
D'après le chapitre 4 de Matthieu, nous savons que
Christ n'a pas commencé à prêcher avant l'emprisonnement de Jean le Baptiste, quand
il s'est déplacé à Capharnaüm (des versets 12-13). Le verset 17 dit
spécifiquement "Dès ce moment, Jésus commença à
prêcher, et à dire: Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche". La séquence des versets 18-22 indique que Pierre, André, Jacques
et Jean ont été appelés après l'emprisonnement de Jean le Baptiste, mais c'est
une entente harmonisable du flot de l'histoire pour aider la séquence du verset
23. Cette séquence est présente à Marc 1:14-20 et le verset 21 suit par
l'entrée à Capharnaüm.
Jean 2 nous dit que Jésus a exécuté le miracle de
l'eau changée en vin avant le début de son ministère (voir Jean 2:4). Son
"temps (ou heure) n'était pas arrivé" et ses disciples étaient
présents et c'était avant sa visite à Capharnaüm.
De Jean 1:35, nous savons qu'André, le frère de
Pierre, était un disciple de Jean et qu'il a commencé à suivre Christ. Il a
amené Pierre à Christ en lui disant qu'il avait trouvé le Messie (Jean 1:41)
qui l'a appelé Pierre (Cephas). Matthieu 4:18-22 et Marc 1:14-20 sont donc des
simplifications de l'histoire détaillée de l'appel des premiers disciples.
D'après Jean, c'est plus probable qu'ils avaient déjà été appelés et
vraisemblablement qu'ils baptisaient avant ce point et que c'était une
sommation qui a commencé le travail réel.
Jean 2:22 montre qu'après le mariage à Cana en
Galilée, Jésus et ses disciples sont allés en Judée où il a passé quelque temps
avec eux et baptisé, bien qu'il n'ait pas baptisé lui-même (Jean 4:2). Jean le
Baptiste baptisait aussi à l'Énon, près de Salim, et c'était autour de la Pâque
de 28 CE (Jean 2:13).
Moffatt situe Jean 3:22-30 entre Jean 2:12 et Jean
13 étant donné que Jean n'avait pas encore été jeté en prison dans cette
section, mais, comme Jésus a commencé à exécuter des miracles à la Pâque, cela
indique, selon lui, que Jean était emprisonné à ce moment-là. Matthieu est tout
à fait emphatique que Christ a commencé à prêcher seulement après que Jean a
été emprisonné. En effet, Christ ne pourrait pas avoir commencé à prêcher plus
tôt que la Pâque de 28 CE, autrement, les Évangiles sont en désaccord et la
Parole de Dieu est compromise.
Le texte autorisé de l'Évangile de Jean, lorsqu'il
est pris en séquence, indique qu'il est entré dans le Temple à la Pâque de 28
CE, qu'il a fait des miracles et qu'il s'est ensuite retiré à la campagne de la
Judée où ses disciples baptisaient pendant que Jean baptisait à l'Énon. Le
texte autorisé manifeste donc que les prêches réelles de Christ ont duré moins
de deux ans et commencé après la Pâque de 28 CE.
Christ a prêché jusqu'à la Pâque de 30 CE quand il
a été arrêté et crucifié. Il est mort à la fin de l'après-midi du 14 Nisan ou
Abib, qui était un mercredi, soit le 5 avril 30 CE. La date supposée du 25
avril en 31 CE est trop tardive et la Pâque n'avait pas été aussi tard depuis
plusieurs siècles (voir Le Moment de la Crucifixion et de la
Résurrection [159]).
Ce serait compatible avec la séquence du Signe de Jonas
puisque Jonas n'a pas commencé à prêcher avant son entrée à Ninive, le premier
jour de son voyage. Jonas a prêché à Ninive pendant un peu moins de trois jours
complets et Ninive a eu quarante jours pour se repentir et s'est repenti. Juda
a eu un peu moins de trois ans du ministère de Jean le Baptiste (le jour du
voyage à Ninive) et des deux ans du ministère de Christ, sur le principe d'un
an pour un jour. Sur le même principe, Juda a eu 40 ans pour se repentir. Ils
ne l'ont pas fait et ils ont été détruits des Expiations 70 CE jusqu'au 1er
Abib 71 CE, l'achèvement du signe de Jonas dans sa deuxième phase (voir l'étude Le Signe de
Jonas et l'Histoire de la Reconstruction du Temple [013]).
L'affirmation que le ministère de Christ a duré
trois ans et demi est une affirmation postérieure et elle est certainement
non-scripturale. Elle obscurcit les vrais signes du ministère de Christ et
limite la compréhension correcte. L'affirmation est fondée sur une autre fausse
interprétation de l'Écriture touchant à la construction du temple et les
soixante-dix semaines des années. En effet, cette doctrine insidieuse a vu le
texte de Daniel 9:25 falsifié dans la Version Autorisée pour interpréter la
signification autour de cette période, en commençant d'une date fictive dans le
règne de Cyrus Macrocheir, appelé Artaxerxès I par les Grecs.
Le Signe de Jonas est le seul signe donné du
ministère de Christ. Il n'est pas juste limité aux trois jours et trois nuits
dans le tombeau jusqu'à la résurrection, mais il englobe plutôt le plan entier
de la construction du temple et les soixante-dix semaines des années. Il a une
autre signification résultant de la vision d'Ézéchiel, au chapitre 1, et de la
séquence des quatre chérubins. La période des Jubilés a tenu compte de la
période des Avènements du Messie d'Aaron et du Messie d'Israël, comme une
extension du Signe de Jonas.
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